| "Largade" |
| "Largade" |
| En Novembre 1993...Une visite à bord de La Largade sur une panne du Frioul nous permit d’apprécier le savoir faire de François Sergent en matière d’habitabilité. Une seconde visite au carénage pour constater la bonne santé des œuvres vives et l’affaire est conclue. Le 21 Décembre 1993 La Largade est amarrée sur la panne 200 du vieux port de La Ciotat. Concernant le gréement, les différentes voiles d’avant ne valaient plus rien et la voile au tiers préparait de grands jours ! Ses 20m2 et sa position un peu avancée ne permettaient aucun prés ni virement au lof. Une longue réflexion, envisageant le retour à la source latine, voire une voile arabe (latine tronquée), assortie de nombreux tracés occupa les longues soirées d’hiver pour finalement aboutir à une voile aurique basse et longue derrière. Ce choix s’explique ainsi : Concernant la latine, elle reste, à mon sens, la meilleure voile de croisière au plan du rendement ; c’est une voile pour les longs bords aux termes desquels le quart d’heure que demande l’éventuel (qui nous y oblige ?) gambeyage de l’antenne n’est pas coûteux. Elle a deux défauts pour la plaisance : ça n’est pas une voile de solitaire et l’encombrement de l’antenne affalée est source d’un grand inconfort lors des manœuvres de mouillage ou accostage. Concernant la voile choisie, l’objectif était d’accéder à une meilleure capacité à serrer le vent et lofer avec un bateau lourd à faible plan de dérive. Il fallait donc une plus grande poussée, pour avoir de l’ère dans les petits airs, appliquée sur un centre vélique assez reculé et point trop haut. Le résultat fut au rendez-vous. |
| De 1958 à 1993. La mestre latine a très vite été transformée en bourcet (voile au tiers) moins encombrante et plus maniable. Iles d’Hyères, de Lérins, Costa dei Fiori, Cinqueterre, Elbe, Corse, La Largade navigue tous les étés, d’autant que Jacques, fils de Pierre H., a le virus et dispose des congés scolaires. La famille H. se séparera de La Largade vers 1965. Alors, le moteur bi-cylindre flat-winn d’origine, a été remplacé par un RC80D, beaucoup plus volumineux, pour le logement duquel il fallut rehausser le plancher du cockpit et avancer l’échelle de descente de 25cm au détriment de l’habitabilité et de la fonctionnalité du coin cuisine. (Les moteurs RC pour Renault- Couach, sont en fait des moteurs Ford anglais, importés par Renault et marinisés par Couach ; le nombre indique la puissance et la dernière lettre D ou E ,le carburant). En 1982, La Largade est immatriculée à Bastia. Elle change à nouveau de propriétaire en Août 1986, puis en Novembre 1987, puis en Janvier 1990. Elle est alors basée à Port Miou, intégrant la flottille de l’ association Avenir Tradition Marine et participant aux manifestations traditionalistes de la région, dont l’ Acampado deï Vieo Careno à La Ciotat. |
| Parmi le demi millier de plans tracés par François Sergent se trouvent ceux de La Largade qu’il évoquait ainsi dans le n° 151/1984 de Loisirs Nautiques: « Le premier que l’on m’a demandé fut un croiseur pour la Méditerranée, dans le style des pilotes de Marseille. J’ai donc dessiné un pointu de 9,5m de long, 3,25m de large et 1m de tirant d’eau, avec une quille en fonte de 1600 Kg. Il déplaçait 6 tonnes armé, membrures chantournées en chêne espacées de 77 cm et 2 intermédiaires ployées en acacia, bordé de 25mm en iroko pour les fonds et acajou pour les hauts. Bien entendu, pour son utilisation à la croisière, il a été muni d’un roof et d’un moteur ; la voilure classique à antenne comportait mestre de 27m2 et polacre de 8,75m2. Non seulement il était fort pittoresque, mais s’est révélé agréable et marin ». La Largade fut mise à l’eau en Juillet 1958, pour les essais. Après quoi elle prit le train jusqu’à Châlon sur Saône pour une seconde mise à l’eau, d’où elle rejoignit Marseille par ses propres moyens pour terminer son armement sur les pannes de la SNM. |
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| HISTOIRE DE LA LARGADE Pierre H., ingénieur domicilié à Paris a la passion de la voile. Il s’y adonne chaque été pendant ses congés en croisières familiales. Manche, Bretagne, Atlantique puis Méditerranée seront ses espaces de liberté. Convaincu de la supériorité des bateaux du crû, il envisage vers le milieu des années 50 d’armer un croiseur côtier familial méditerranéen. A cette époque, pas d’autoroute du soleil, ni TGV ; peu d’avions, forts coûteux, pour permettre à Pierre Haberkorn de suivre de prés une construction à Marseille ou Arles. Il demande donc à François Sergent de lui dessiner le bateau de ses rêves et tous deux contractent avec un charpentier de marine dont le patronyme, Malo Le Breton, en dit plus long que tous les discours quant à ses origines et sa culture. Son chantier est entre Paris et Neuilly, sur l’île de la Jatte. (Non loin d’un autre qui a tenu une place de renom dans la construction de canots automobiles et cabin-cruisers : Despujol). La Largade est donc le plus parisien des bateaux méditerranéens. |