Aviron Rames et Rameurs
Pas de vent, l’étang est lisse et plat comme un miroir. C’est le rêve des rameurs. Une
belle promenade en perspective au milieu du miroir, du silence, du calme serein du petit
matin tôt avant que le vent ne se lève (9h30 l’été, 10h/10h30 l’hiver) ou le soir quand il
est tombé. Au loin des silhouettes de pêcheurs, à pied, une barque avec son pêcheur, là-
bas les flamants, ici les canards. Je connais une aigrette qui se promène solitaire dans
un petit coin de l’étang que je m’imagine être seule à connaître. J’en ai le droit, je suis
en Yole. Devant moi, ce que je vois c’est le chemin que je viens de parcourir. Si je veux
m’arrêter et regarder ce qui est derrière moi, il me suffit de tourner en ne manoeuvrant
qu’un seul des avirons, ou les deux en pivot en condition de bien les synchroniser. Il
faut que mon geste soit souple, que l’aviron glisse dans l’eau sans bruit si je veux m’
approcher des flamants tout près. Si je veux les voir s’envoler je peux faire du bruit
avec les roulettes sur le rail. J’ai tous les pouvoirs du monde entre les mains si je sais ne
pas déranger les oiseaux.
Aujourd’hui, les mouettes font leur marché ou bien sont en congrès. Elles font un
raffut du diable. Ma copine, si ce n’est elle c’est donc sa sœur, est toujours perchée sur
le troisième espar qui balise le Canal des Allemands. L’étang a des allures de lagune ce
matin, et je m’amuse à tourner sur place, à danser comme un patineur sur l’eau lisse.
Les seuls bruits sont une musique, celle de l’eau qui répond aux avirons et celle du
sillon que laisse la yole dernière elle. Devant ou dernière ? C’est une bonne question.
Est-ce qu’elle est importante en yole ? En yole, ce qui compte c’est le sens du vent et du
clapot, leur force pour savoir si on va peiner pour rentrer. En yole, il vaut mieux s’
appuyer sur ce que dit le temps. Apprendre à passer entre les piquets des pêcheurs est
plus facile quand le clapot ne fait pas dériver.
Ça c’est pour l’aviron rêveur. Il y a aussi l’aviron pour rameurs coureurs les jours de
vent et de clapot quand le rameur résiste au vent et aux courants. Vent de terre: rester
près du rivage, vent de l’Est: partir vers la Fadèze un peu au large, vent de Sud: plutôt
vers les Glénans. Attention au vertige du surf, on ne chavire pas en yole !! Rester
souple mais efficace sans précipitation. Respirer en cadence pour être plus puissant c’est
exaltant.
Sur le tableau, les noms des rameurs s’alignent, les mêmes reviennent souvent, d’autres
sont nouveaux, les yoles se répartissent sans bruit entre les uns et les autres parce que
les horaires ne sont pas les mêmes pour tous, et que tous partagent le même plaisir,
celui de glisser sur le miroir de l’eau, au milieu de des oiseaux avec l’air léger et le clapot
d’été. 8H30 Retour 10H. 9H Retour 11H30. 20H Toutes les yoles sont rentrées,
remontées sur le ponton, rincées à l’eau douce, ouvertes, les avirons sont rangés dans l’
atelier avec leurs portants. Les roulements des roulettes des sièges sont tous à leur place.
Tout est prêt pour demain. Attention, il va falloir racheter du café et du sucre.

Permanence pour
l'aviron les mercredi
et samedi matin
Les membres du club desirant participer à cet espace peuvent laisser un message: au 04 67 77 23 69 ou ici
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